4.
CENTRE DE LA DREPANOCYTOSE ?
2. SCHEMA
D’ORGANISATION D’UN CENTRE
La
structure que nous décrivons est celle d’un centre du CHU Henri Mondor
de Créteil, inauguré en 1993.
Un
centre doit permettre la prise en charge des soins décrits au chapitre
précédent pour une cohorte de 500 à 600 patients. Le modèle proposé est
très voisin de celui crée en 1982 pour la prise en charge de hémophiles
et de celui retenu pour la drépanocytose dans les pays qui ont 1 à 2 décades
d’avance dans ce domaine(UK, USA). Une remarque importante doit cependant
être faite en ce qui concerne la comparaison Hémophile/Drépanocytose.
Cette dernière présente un polymorphisme d’expression clinique et d’accidents
bien plus marqué que dans les hémophiles.
Il
en résulte que la prise en charge de la drépanocytose doit selon nous
être centrée sur une structure clinique alors que les centres d’hémophile
se sont essentiellement développés, autour de laboratoires de coagulation
et ou Centres de Transfusion.
Le
centre de prise en charge des drépanocytaires s’articule autour d’un noyau
spécialiste « drépanocytologues » qui doivent assumer les consultations
de la drépanocytologie et servir de pivot coordinateurs consultant pour
les activités d’hospitalisation et de spécialités. Ce personnel jouera
un rôle central de coordination non seulement entre les différents acteurs
de l’activité de soins mais aussi vis-à-vis des activités prévention et
dépistage attachées à toute action concernant une maladie génétique.
Le
centre comporte plusieurs structures.
1)
Un secteur de soins pour patients non hospitalisés comprenant :
- Un secteur
d’accueil spécialement adapté en raison de la nature de cette affectation
génétique et du terrain sur lequel elle survient. Ce secteur d’accueil
doit :
- être
individualisé par rapport à l’accueil général de l’hôpital
- Comporter
une structure d’écoute et de réponses téléphoniques permanente
destinée d’une part aux familles, d’autre part aux médecins non
spécialistes de cette maladie, extérieurs ou intérieurs à l’hôpital.
Ceci impliquera une astreinte pour les drépanocytologues sur le
modèle de ce qui existe pour les Centres de Transfusion. Cette structure
« SOS Téléphone » doit en effet, eu égard aux urgences engendrées
par cette affectation, fonctionner 24 h sur 24.
- Des consultations
externes quotidiennes de drépanocytologie :
- 8
à 10 par semaine
- pour
la prise en charge et le suivi médical, le conseil génétique et
la prise en charge médico-sociale.
- Un accès
fréquent aux différentes consultations spécialisées de l’hôpital.
- Un hôpital
de jour de 4 lits pour bilans périodique ou occasionnels et pour protocoles
thérapeutiques.
- Un secteur
de prélèvement.
- Un secteur
médico-social, psychothérapie, assistante sociale.
- Un secrétariat
particulièrement bien étoffé ou sera implanté le registre des patients
et qui devra être accessible 24h sur 24.
2)
Un secteur d’hospitalisation.
Compte
tenu des besoins des drépanocytaires, l’organisation de l’hospitalisation
proposée consistera en :
- Un service
d’accueil de « médecine interne » où seront hospitalisés tous les drépanocytaires
ne nécessitant pas leur implantation dans un service de spécialité.
- Les autres
services de l’hôpital seront potentiellement sollicités pour accueillir
les patients posant les problèmes spécialisés.
3)
Un secteur hospitalisation à domicile qui sera géré par le noyau dur des
drépanocytologues.
4)
Un plateau technique
- Le plateau
technique doit obligatoirement comporter, outre les activités générales
du plateau technique d’un grand centre hospitalier, un laboratoire spécialisé
dans l’exécution des analyses d’hémoglobine, dans les diagnostics d’urgence
et dans l’analyse des situations génétiques complexes.
- Il doit
pouvoir être fait appel 24h/24h à un centre de transfusion disposant
de sang bien phénotypé et capable de réaliser quand c’est nécessaire
des exsanguino-transfusions partielles ou complètes d’urgence.
5)
Un secteur prévention
Prise
en charge socio sanitaire, Information, Education, Dépistage.
Ce
secteur comprend les activités habituelles requises en cas de maladies
génétique. Leurs spécialités découlent de l’histoire naturelle de la maladie
et du terrain sur lequel elle survient. L’activité socio sanitaire est
ici particulièrement sollicitée.
L’information
des communautés à risques, l’éducation des patients et des transmetteurs
nécessitent un effort particulier de « pénétration » de chaque communauté
pour être adaptée aux règles culturelles très variables selon les communautés.
L’aide de traducteurs est souvent nécessaire. Le dépistage chez les volontaires
dans les communautés prospectées et le dépistage néonatal gagnent en efficacité
à être faits de façon régionale et autour de chaque centre de soins.
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