2.
EPIDEMIOLOGIE DE LA DREPANOCYTOSE?
1.
ORIGINE DE LA MALADIE.
En
tant que phénomène héréditaire, rien ne distingue la drépanocytose des
quelques 4000 autres maladies d’origine génétique. Sa seule particularité
réside dans sa grande fréquence dans certaines populations : communautés
noires certaines communautés méditerranéennes ou des Indes.
2.
LA DREPANOCYTOSE DANS LE MONDE.
La
fréquence de maladie est particulièrement importante en Afrique inter
tropicale, puisque 1 à 2 % des nouveaux nés sont homozygotes SS. En raison
des conditions socio-économiques locales, la mortalité infantile avoisine
les 10%.
Au
Togo, la fréquence du trait S (hétérozygote) est estimée à 16 % et celle
des homozygotes à 3% (plus de 102 000 malades).
Au
Gabon, le trait S est présent chez plus de 24% des sujets et les malades
représentent environ 2% de la population totale.
Chez
les haïtiens, les fréquences rapportées de transmetteurs vont de 10 à
12% pour les personnes AS et de 2 à 4 % pour les AC.
En
Algérie la fréquence des hétérozygotes et de 1.2% (quelques foyers à 5%)
pour la drépanocytose, 1.6% pour la b thalassémie et de 1% pour l’HbC.
3.
LA DREPANOCYTOSE DANS LES DOM TOM.
En
Guadeloupe, le dépistage néo natal de 86% des naissances de 1984 à 1991
a permis de détecter 8,01% de porteurs de trait S, 2,46% pour le trait
C et 163 enfants porteurs d’une maladie de L’Hb, soit environ 4 nouveau-nés
sur 1000.
Les
chiffres sont à peu près identiques à la Martinique et en Guyane.
A
la réunion, la fréquence des hétérozygotes est estimée à 4,5% et celle
des homozygotes à 0,1% à la naissance, soit environ 13 cas par an.
4.
LA DREPANOCYTOSE EN FRANCE METROPOLITAINE.
Par
sa fréquence chez les nouveau-nés, elle est la troisième maladie héréditaire
en France et la première en Ile de France. Rappelons que la fréquence
nationale de la mucoviscidose, maladie la plus fréquente, est de 1/2800.
En France métropolitaine, la drépanocytose n’a fait l’objet d’aucune étude
épidémiologique générale. Il n’existe pas de registre national officiel.
La carte sanitaire présentée n’est donc que provisoire et se fonde sur
divers recoupements qui en sont résumé les suivants :
- Il y
a au moins 4000 patients en France métropolitaine dont environ 2000
dans le grand Paris.
- Dans
le Val de Marne, département moyennement affecté, 4.500 accouchements
sur 10.000 ont été pratiqués sur des femmes appartenant à des groupes
à risques (soit 45%) et 15 homozygotes ont ainsi été détectés.
D’après
ces chiffres, un peu grossiers, on peut s’attendre à ce que 180 à 220
enfants naissent drépanocytaires ou thalassémiques en France métropolitaine
chaque année, le ratio drépanocytose/thalassémie étant de 10/1 environ.
| Niveau
de rique |
Zone
géographique |
|
| Risque
très élevé |
Afrique
intertropicale
Inde (certaines régions) |
| Risque
élevé |
Antilles
Amérique du Sud (Guyane, Brésil …)
Noirs Nord Américains |
| Risque
moyen |
Afrique
du Nord
Réunion
Sicile
Grèce |
Risque
faible |
Portugal
Turquie
Moyen Orient
Israël |
S’agissant
d’une maladie héréditaire autosomique récessive, le risque est augmenté
par la consanguinité
Fréquences
observées
Les anomalies détectables et caractérisables
au moment du dépistage sont (par chance) les principales maladies recherchées
: syndromes drépanocytaires, b thalassémies et a thalassémies.
La situation est moins satisfaisante pour
les formes hétérozygotes puisque que les traits D doivent être réétudiés
pour être caractérisés et les traits b thalassémiques ne sont pas aisément
détectables à la naissance.
D’autre part, les a thalassémies, très
fréquentes, ne sont pas identifiables à partir d’échantillons de sang
séché. D’après une étude des nouveaux-nés plusieurs années et sur plusieurs
sites en France,la prévalence à la naissance de la drépanocytose varie
de 1/550 à St Denis à 1/16.000 à Lille.
Quant à la fréquence des hétérozygotes
elle varie de 1/69 à l’hôpital Necker à 1/719 à Lille.
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