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En tout cas, je peux dire que je suis pratiquement sur à
80/90% que ce ne sera pas une crise qui m’empêcherai, d’être présent à une réunion,
d’assister à une cérémonie ou encore d’effectuer un voyage.
Pour parler clairement, je dirais que
l’Hydréa, ça change la vie du drépano !
Ca change tellement la vie que ce que l’on ne pouvait
envisager auparavant, devient possible après.
Je constate que l’Hydréa n’empêche pas l’évolution de la
maladie ni la survenance de ses complications.
En effet, après les hanches, c’est maintenant au tour de mes
épaules d’être atteintes de nécrose, au point que je devrai bientôt subir une
intervention chirurgicale supplémentaire.
Voyons maintenant le revers de la médaille.
Ma
femme veut un enfant
Les crises ne sont plus qu’un mauvais souvenir pour ma famille
et moi. Et voilà que mon épouse se met à me parler d’un deuxième enfant.
Il est vrai qu’un autre enfant est une « bonne idée », en soi,
surtout dans le milieu de la famille africaine où l’on conçoit difficilement
l’enfant unique.
Evidemment, le Dr BACHIR m’avait dit que si je voulais de
nouveau avoir un enfant, il suffirait que j’arrête ce traitement pendant 6
mois environ. Mais qu’en est-il pratiquement ?
2. Concernant les effets secondaires : la
stérilité Depuis 1998, j’ai eu une ou deux crises parce que je n’avais
pas pris mes comprimés pendant 4 ou 5 jours. Parfois, lorsque je cesse de
prendre l’Hydréa ne serait-ce que 3 jours, je commence à ressentir des
douleurs.
Comment pourrais-je maintenant arrêter volontairement ce
traitement pendant plus de 6 mois ? A l’époque, je n’avais malheureusement
pas réalisé qu’un arrêt de l’Hydréa signifierait la reprise des transfusions,
la reprise des saignées ou du Desféral, la survenance inévitable de nouvelles
crises, etc. Bref, retour à la vie d’avant décembre 98, retour à la case
départ.
Comment pourrais-je aujourd’hui arrêter l’Hydréa alors
que j’ai trouvé un emploi dans lequel j’ai un certain nombre de
responsabilités et que les absences (congés) sont programmées quelques 4, 5
parfois 6 mois à l’avance, afin que la marche du service soit perturbée le
moins possible.
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En fait, je réalise maintenant que je suis devenu complètement
dépendant, pratiquement « prisonnier » de l’Hydréa parce que je me sens
tellement bien que je n’envisage plus, je ne veux plus, je n’ai plus envie de
revivre ce que j’ai connu et enduré jusqu’en décembre 1998.
Il n’en est plus question... Et donc, il n’est plus question
pour moi d’avoir un enfant. D’où la survenance de tensions autour de moi sur
ce problème épineux d’un deuxième enfant.
Le Dr BACHIR m’avait proposé la cryopréservation des
spermatozoïdes avant de débuter le traitement par l’Hydréa, ce que je n’ai
pas fait et que finalement je regrette un peu aujourd’hui.
Pourquoi ne l’ai-je pas fait ? Simplement parce que je luttais
en permanence contre ces satanées crises et que je n’avais pas imaginé un
seul instant que ce médicament serait si efficace qu’il me redonnerait un
jour le goût de vivre et l’envie d’élever des enfants.
3. Les autres effets secondaires
Depuis que je prends ce médicament, l’effet principal a été la
prise de 4 à 5 kilos. La première remarque qui vient de ceux que je n’ai pas
rencontré depuis longtemps est toujours la même : « Dis donc tu as grossi ! »
Ils ajoutent tous que ça se remarque aux joues et au « petit ventre qui
pointe » paraît-il. Je leur répond à tous « C’est l’Hydréa ». Pour le reste,
les autres effets secondaires cités dans l’article sont pratiquement
inexistants chez moi, à part quelques taches de pigmentation sur les
chevilles.
Envisager un avenir
c'est possible
Par ce petit témoignage, j’ai
voulu simplement direqu’il ne faut pas hésiter à faire procéder à la
cryopréservation. C’est très important, car on ne sait pas de quoi demain
sera fait. Et ce qui est encore mieux, c’est d’avoir son enfant, d’accepter
la cryopréservation et ensuite de se mettre à l’Hydréa une fois pour toutes,
car, en ce qui me concerne, faire machine arrière s’avère très difficile,
voire même impossible.
En conclusion, je dirai qu’une question me
préoccupe. Cela fait déjà 3 ans et demi que je suis sous Hydréa et que les
effets sont positifs. Mais ne risque-t-on pas une accoutumance au fil des ans
qui entraînerait la réduction sinon la perte totale d’efficacité de l’Hydréa
? Si c’est le cas, les conséquences seraient bien sûr catastrophiques pour
nous . Jean Emmanuel, Guyancourt, Juin
2002
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