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FEDERATION des MALADES  DREPANOCYTAIRES et  THALASSEMIQUES

 

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Globinoscope 32

• Revue trimestrielle de SOS Globi

GLOBINOSCOPE

Numéro 32

septembre 2001

NOUS REMERCIONS LA SOCIETE VitalAire QUI PREND EN CHARGE  LE ROUTAGE

EDITORIAL

Max PETIT-PHAR a rejoint SOS Globi en 1993. A l’occasion du remaniement du Conseil, il fut élu vice-président. Puis en 1995, il devient président pour deux mandats successifs de 3 ans. Appelé à des responsabilités professionnelles aux Antilles, il ne peut poursuivre son chemin avec SOS Globi. Zone de Texte:  Pendant son septennat (bénévolat), Max a entrepris de faire de SOS Globi l’association reconnue pour prendre en charge la prévention, l’information et le dépistage de la drépanocytose. L’objectif principal étant de faire connaître cette maladie pour qu’elle ne continue pas à être absurdement négligée. Ce but demeure toujours d’actualité. Cette ligne de conduite l’a poussé à développer des partenariats:

- avec les médecins et les personnels soignant les drépanocytaires,

- avec l’hôpital Henri Mondor, notre association a été présente, dès 1997, au salon professionnel des infirmiers pour faire connaître la drépanocytose et proposer un dépistage en collaboration avec le laboratoire de biochimie et le Centre de la drépanocytose,

- avec l’Inserm nous avons créé notre site internet,

- avec l’AFM, Orphanet, Eurordis, l’AFRG, SOS Globi partage la défense des maladies rares,

- avec les médias, notamment Média Tropical, nous sensibilisons la communauté domienne.

Avec Max, l'association s'est aussi attachée à faire un travail de proximité et d’information des communautés concernées par la drépanocytose en tissant des relations avec les associations communautaires culturelles et sportives et créer ainsi un réseau.

Plus récemment, Max Petit-Phar a dirigé nos efforts à obtenir de la Fondation de France le financement d’une aide psychologique pour les familles découvrant la drépanocytose, à proposer par l’intermédiaire de maître Jean-Vivien NGANGA un conseil juridique gratuit, de s’associer aux efforts de lobby de l’A.M.E.D.O.M (association métropolitaine des élus d’outre-mer) et de poursuivre le rapprochement nécessaire avec l’A.P.I.P.D., l’A.D.D.M. (Martinique), l'A.G.L.D. (Guadeloupe) ainsi que toutes les autres associations de lutte contre la drépanocytose pour se retrouver unis sur les problèmes de fond.

Max a toujours veillé à s'entouré d'une équipe motivée. Si, dans un premier temps, l’annonce de son départ nous a désemparé, elle nous a aussi donné plus de courage pour affronter les prochains obstacles. Nous avons un nouveau président, monsieur Angel DORVAN (anciennement secrétaire général), une nouvelle secrétaire générale, madame Patricia JEANVILLE, et un nouveau trésorier, monsieur Alain GOLDCHER. Le Conseil d’Administration s’attachera àpoursuivre la voie éclairée par monsieur Max Petit-Phar, nommé en mai 2001 Président d’honneur de SOS Globi.                                             Christian Godar

 

Numéro 32                                 septembre 2001

LE DREPANOCYTAIRE ET SON ENVIRONNEMENT

Réunion du 31 mars 2001 animée par le Dr Dora BACHIR

Françoise FREARD entame ici sa première rubrique, d'autres suivront.

Si vous voulez témoigner, laissez-nous vos coordonnées sur notre répondeur : 01 64 06 38 27

Une quinzaine de personnes, pour la plupart confrontées directement à la maladie, s’est réunie le samedi 31 mars au Centre de la Drépanocytose à l’hôpital Henri Mondor.

Le thème de la réunion portait sur la place de la maladie dans la vie quotidienne et son impact dans les relations familiales et sociales.

Jeunes et moins jeunes ont livré leurs témoignages et leurs sujets d’interrogation.

Le Dr Dora Bachir a apporté un éclairage médical aux divers propos et dressé un état des lieux de la maladie. Elle a conclu sur les avancées dans le traitement, sujet qui sera abordé à la prochaine rencontre.

Le poids du silence...

C’est d’abord le poids du silence, le non dit qui est dénoncé. Un jeune adulte se souvient qu’enfant, en Afrique, il ne comprenait pas pourquoi il était malade : "C’était confus dans ma tête". Il avait fréquemment des crises à 9 ans, mais c’est vers l’âge de 12/13 ans qu’il a réellement pris conscience de sa maladie et appris que son frère et lui étaient atteints et ses sœurs simplement transmettrices. Jusqu’alors, personne n’avait été en mesure de lui parler de la maladie, pas même ses parents qui ne se savaient pas transmetteurs.

Unanimement, chacun s’accorde aussi à affirmer que la maladie est difficile à vivre durant l’enfance et surtout l’adolescence. On voudrait être comme tout le monde alors qu’il y a beaucoup de choses qu’on ne peut pas faire comme les autres. Un jeune adulte se souvient

avoir été, durant sa scolarité, "montré du doigt, traité de paresseux", surtout dans les activités sportives, car il n’était pas au niveau des autres. Une jeune femme renchérit : "on se sent très limité, réduit à faire seulement certaines choses".

C’est d’autant plus pesant que l’on a honte de sa maladie et que l’on refuse d’en parler, même à des proches. Pamela (19 ans) exprime son appréhension : "Si les camarades le savent, que vont-ils penser ?". Une jeune femme déclare.

n’avoir pas pu en parler à son fiancé

La maman de Pamela suggère que des adultes "qui connaissent le parcours de la maladie", parrainent des enfants drépanocytaires et partagent leur expérience avec eux.

Crises... et réactions de l’entourage

Parce que l’expression de la douleur est parfois spectaculaire, les crises sont souvent rejetées par l’entourage. Dans certains cas, elles sont assimilées à une maladie mentale.

Cette incompréhension isole le malade dans sa douleur physique. "Mes grands-parents n’ont jamais compris, dit un jeune homme originaire du Togo [...] Quand je suis en crise, que je me roule par terre, pour eux c’est un caprice".

Dans d’autres cas les crises déclenchent une panique telle dans l’entourage familial qu’elles renforcent l’anxiété du malade. Ainsi une jeune femme, seule atteinte parmi sa fratrie, souligne combien il est stressant pour elle d’avoir à supporter l’inquiétude de ses proches dans ces moments-là.

Néanmoins, la cellule familiale représente souvent un refuge sécurisant, un lieu où la maladie a été partagée. A tel point que certaines jeunes femmes récemment mariées, préfèrent, au moment des crises, retourner chez leur mère pour y retrouver un certain "savoir-faire". Le relais des soins passe difficilement par le mari, qui le plus souvent se sent désemparé ou refuse d’assumer le rôle précédemment tenu par la mère.

Sur le plan pratique de la gestion des crises, le docteur Dora Bachir souligne l’intérêt pour le malade d’une auto-observation qui permet de repérer à la fois les facteurs déclenchant (crises nocturnes, après l’effort...) et les indices annonciateurs de la crise (sentiment de froid ...). Pouvoir anticiper la crise c’est aussi pouvoir adopter une conduite adéquate qui permettra de l’amortir : prise de médicaments, alimentation plus salée, recherche de chaleur, vite rentrer

Globinoscope        Revue trimestrielle de SOS Globi          Numéro 32 - septembre 2001

chez soi, voire se rendre à l’hôpital en cas de gêne respiratoire... 40 % des patients adultes sentent venir les crises. Un participant livre sa façon de surmonter ces moments douloureux : "je me relaxe : j’essaie de ne pas penser à la douleur"... "le mal est là. Je fais quand même ce que j’ai à faire et même aussi certaines activités que j’apprécie et qui me font oublier la douleur".

La réponse du médecin

aux questions des

participants

* qu’en est-il des personnes AS

Les transmetteurs AS n’ont aucun symptôme de maladie drépanocytaire, dans la majorité des cas. Les risques de crises douloureuses, de gêne respiratoire, d’infarctus de la rate existent dans des conditions extrêmes de manque d’oxygène telle que l’altitude supérieure à 3500m (aucun risque pour les voyages en avion). Avec le développement des voyages, il est important de connaître ce risque. S’il y a des symptômes de maladie drépanocytaire, il faut chercher une autre cause, soit le patient n’est pas hétérozygote simple AS et il y a autre chose, soit un rhumatisme provoqué par une autre origine (maladie rhumatologique, inflammatoire...).

* les risques encourus face au paludisme

Les drépanocytaires malades ne sont pas protégés du paludisme et doivent prendre un traitement préventif quand ils vont en Afrique. Le paludisme entraîne chez eux une anémie sévère. Les transmetteurs AS ou AC ont moins de risque de faire des complications graves du paludisme.

* les risques en cas de grossesse

Dora Bachir réaffirme, d’une part, que les filles drépanocytaires n’ont aucun problème de fertilité, que d’autre part, il n’y a aucune raison d’interdire la grossesse à une femme drépanocytaire qui désire un enfant. Dans ce cas, toutefois, il faut faire preuve de prudence  ne pas avoir trop

d’enfants et bien programmer les naissances car, la grossesse constitue un risque tant pour la mère (aggravation de l’anémie, du risque de crise douloureuse, d’infections), que pour l’enfant.

Un suivi est nécessaire avec généralement un programme de transfusions au 3ème trimestre.

La réunion se termine sur les progrès obtenus dans le traitement de la drépanocytose, grâce notamment à l’Hydréa. Ce traitement chimiothérapique représente une alternative efficace à la transfusion dans les cas de crises ou de complications graves.

Etat des lieux

Les statistiques et les registres font défaut pour dresser un état des lieux précis de la maladie.

Le 1er centre français de traitement est celui de la Guadeloupe où l’on compte 260 naissances (SS, SC, Sâ thalassémie) par an. En Ile de France, on en compte 120 par an.

Les "centres de drépanocytose" de la région parisienne sont celui de l’Hôpital Henri Mondor pour les adultes, celui de l’hôpital Robert Debré pour les enfants.

A Créteil, plus de 1000 patients adultes drépanocytaires sont suivis, originaires à 40 % des Antilles, à 50 % d’Afrique subsaharienne, à 10 % d’Afrique du Nord.

Il devient urgent de

créer un 2ème Centre

Il y a quelques années, seuls les services de pédiatrie étaient particulièrement concernés par la prise en charge des drépanocytaires. Aujourd’hui, l’espérance de vie a considérablement augmenté.

La moyenne d’âge des patients actuellement traités à Mondor est de 30 ans et il y a de plus en plus de patients de plus de 50 ans.

Numéro 32                                 septembre 2001

L’ADOLESCENT ATTEINT D’UNE MALADIE

CHRONIQUE DOULOUREUSE :

COMMENT AMELIORER SA VIE QUOTIDIENNE ET

CELLE DE SA FAMILLE ?

A l'initiative du Dr Anne TURSZ, SOS Globi a été invité à participer à une réflexion sur les difficultés rencontrés par les jeunes drépanocytaires dans certains établissements scolaires. Le Ministère de l'Education National est saisi du problème. Il devrait y avoir une suite à ce débat et SOS Globi se positionne déja comme un partenaire pour entamer des efforts de prévention en milieu scolaire.

En octobre, nous vous invitons à participer à notre réunion dont le thème est l'adolescent drépanocytaire : psychologie particulière ?

Madame Patricia JEANVILLE, secrétaire de notre association, fut notre représentante à cet atelier.

Zone de Texte:  J’ai assisté, le 21 mai 2001 à un atelier de réflexion organisé par le Dr Anne TURSZ, pédiatre épidémiologiste et directeur de la recherche INSERM au CERMES, ayant pour objectif d’améliorer l’accueil des a d o l e s c e n t s drépanocytaires dans le milieu scolaire.

Le personnel de l’Education Nationale était représenté par 11 infirmières "conseillers techniques d’inspecteur d’académie d Ile-de- France" par Mme ROMANO, "Médecin conseiller technique du directeur de l’enseignement scolaire", 9 médecins scolaires "conseillers techniques d’inspecteur d’académie", ainsi que du personnel enseignant. Les hospitaliers étaient également présents,

représentés par les Dr BADER, BENICHOU, FOURNIE,-CHARPIERE, et le Pr TCHERNIA du CH. BICETRE, le Pr GALACTEROS du CHU HENRI MONDOR, et le Dr BERNAUDIN du CHI CRETEIL accompanée de son équipe composée de Mme LECONTE (éducatrice), Mme LEVEILLE (puéricultrice) et Mme WILFRED (assistante sociale). Des familles et des patients participaient aussi au débat.

Caractéristiques sociales de la drépanocytose

Après un rappel historique de la drépanocytose, le Pr TCHERNIA mit en relief l’aspect de la douleur dans la maladie et rappela les conditions de vie difficiles des malades (risques transfusionnels, prix des traitements, informations, formation des malades et des professionnels de santé et l’insertion

Biochimie• 51, Av du Mal. de-Lattre-de-Tassigny socioprofessionnelle)

La drépanocytose : un problème de santé public

Le Pr GALACTEROS présenta la physiopathologie de la maladie et ses principales manifestations cliniques ; - 63% des malades sont homozygotes SS (1/3 avec complications), 28% sont SC et 9% sont S beta thalassémiques. Il insista sur les risques de foyers infectieux liés à la drépano (ORL, stomato, biliaire, osseux) ainsi que les désordres vasculaires provoqués par le tabagisme ou la toxicomanie qui sont facteurs de crises. De réels progrès ont été apportés par le dépistage des septicémies et l’utilisation de l’oracilline.

En 2000, 158 naissances de drépanocytaires ont été recensées en Ile-de-France.

- 15% de ces enfants reçoivent une transfusion chaque mois.

Le centre de l’hôpital HENRI MONDOR suit actuellement la moitié des adultes drépanocytaires.

Dépistage et Prévention

Lors de son intervention Dr BERNAUDIN insista sur le dépistage et les mesures préventives (en cas de fièvre : hospitalisation) et les risques transfusionnels liés au développement d’anticorps aux globules rouges d’origine caucasienne.

- 50 greffes ont été réalisées en France avec 85% de guérison.

Retentissement psychologique

Le Dr FOURNIER-CHARRIERE, spécialiste de la prise en charge de la douleur fit remarquer le retentissement psychologique et social de la maladie (dépression, peur, colère, diminution de l’estime de soi, sentiment d’abandon).


Globinoscope          Revue trimestrielle de SOS Globi        Numéro 32 - septembre 2001

LES INQUIETUDES DU PERSONNEL DE L’EDUCATION NATIONALE

1. Comment éviter les crises ?

Quel prévention ?

LES SOLUTIONS PROPOSEES

Une bonne hydratation :

- autoriser l’adolescent à boire et aller aux  toilettes.

- Possibilité de laisser une réserve de bouteilles d’eau dans la classe afin d’éviter à l’élève de transporter une surcharge de poids.

- éviter les récréations trop longues en périodes hivernales.

- permettre à l’enfant de se reposer à tout moment de la journée (aménagement d’un endroit calme)

2.Comment détecter les crises ? Quels symptômes ?

- Fatigue,

- douleurs osseuses ou abdominales.

3.Quelles actions à mener lors de l’apparition d’une crise ?

- Il est préférable d’avertir les parents plutôt que le SAMU (si parents joignables).

Le PAI (Projet d’Accueil Individualisé) qui permet de mettre en place une procédure en cas de crise et un aménagement spécifique de la journée de l’enfant ou de l’ado. Un antidouleur prescrit par le médecin traitant pourra être administrer en cas de besoin. Ce PAI ne peut être mis en place qu’à la demande des parents et doit être renouvelé à chaque rentrée scolaire.

Mais cela reste insuffisant et le personnel de l’Education Nationale réclame plus d’info et de formations sur la drépanocytose, qui est un véritable problème de santé publique.

Le débat est lancé, un prochain atelier va être mis en place pour l’organisation d’un programme de collaboration qui doit aboutir sur une information des enseignants.

Il faut que nous, parents, agissions de façon plus solidaire afin que nos enfants soient intégrés parfaitement dans le système scolaire dans lequel nous avons des interlocuteurs très motivés et sensibilisés par la drépanocytose, la maladie de nos enfants.

PARLONS DE LA DPEPANOCYTOSE POUR QUE NOS ENFANTS REUSSISENT LEUR VIE.

Votre prochaine réunion avec

SOS Globi

le samedi 13 octobre à 14h 30

à l'intercommunal de Créteil

L'adolescent drépanocytaire :

psychologie particulière ?


 

Globinoscope numéro 32

 

Durant plusieurs années, j’ai souffert de cette maladie qui me rendait, pour ainsi dire impuissante face au quotidien de la vie, aux pratiques sportives, toujours obligée de cacher ma maladie, de me renfermer dans une profonde solitude morale à l’égard des autres.

Mais depuis déjà quelques mois, j’ai brisé ce silence, grâce à SOS GLOBI, qui m’a donné la chance de pouvoir m’exprimer.

Vous aussi, vous êtes DREPANOCYTAIRE, et vous voulez briser ce mur de silence, vous voulez en discuter, n’hésitez pas à me faire-part de votre souhait de témoigner au : 06 11 20 06 80

Zone de Texte:

Mlle MONTEIRO Dulce

Avant tout, le but de notre démarche est de mieux faire connaître cette maladie auprès des hôpitaux, au grand nombre de personnes susceptibles d’être atteintes de la drépanocytose, et ainsi nous n’aurons plus l’impression d’être seuls.

Tous ensemble luttons contre la DREPANOCYTOSE

Si vous souhaitez nous faire part de vos témoignages, vous trouverez aussi des bordereaux au centre de la drépanocytose de l'hôpital Henri Mondor et de l'Intercommunal de Créteil (plus tard dans les autres centres). Vous pouvez ainsi laisser vos coordonnées dans la boîte aux lettres prévue à cet effet et je vous contacterais.

Merci de m'encourager. Dulce

SOS GLOBI
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