|
|
 |
|
 |
|
Globinoscope 24 |
|
|
• Revue trimestrielle de SOS Globi
|
|
GLOBINOSCOPE
|
NOUS REMERCIONS LA SOCIETE VitalAire QUI PREND EN
CHARGE LE ROUTAGE
|
|
|
|
L’ATTENTE DES PATIENTS DREPANOCYTAIRES
EN MARTINIQUE
A QUAND UN CENTRE INTEGRE
DE PRISE EN CHARGE ?
Ces dernières années, la prise en charge médicale des patients
drépanocytaires a permis de grands progrès. Des Centres ont vu le jour et ont
participé largement à cette évolution. Dans ces Centres, la recherche
clinique sur la drépanocytose expérimente et valide de nouveaux traitements.
Aussi l'attente des drépanocytaires martiniquais, regroupés autour de l'ADDM,
est-elle légitime. Ce numéro témoigne de cette tentative de renouveau en
Martinique. Prenez, aussi, le temps de lire l'admirable poème de madame
Verger. Comme cette maman, participez, également, à l'enquête sur l'énurésie,
que le docteur Alain Goldcher a introduit dans Globinoscope numéro 23. C.
Godart
"Une trentaine de patients étaient réunis par
l’Association Des Drépanocytaires Martiniquais ce 09 février 1999 à
Fort-de-France. Etaient présents le Dr ELANA pédiatre, le Dr BUQUEN
hématologiste à l’hôpital du Lamentin, le Dr Dora BACHIR représentant le
centre de drépanocytose de Créteil, l’assistante sociale qui s’occupe des
patients drépanocytaires adultes à l’hôpital du Lamentin."
Au-delà des questions sur la maladie auxquelles ont répondu
les médecins, le thème principal de la discussion tournait autour du futur
Centre de Martinique, tant l’organisation actuelle des soins est difficile :
- salle commune pour les hospitalisations d’adultes à l’hôpital du Lamentin -
plateau technique inadéquat (laboratoire, radiologie...), expliquant qu’il
faut plusieurs jours pour réaliser les bilans d’évaluation de la maladie.
Certains patients se sentent obligés de faire le voyage vers
la Guadeloupe pour leur prise en charge, parfois même pour une crise.
On évalue à plus de 1 500 le nombre de drépanocytaires
martiniquais. Ce qui laisse à penser que trois Centres seront nécessaires à
moyen terme pour leur prise en charge.
L’association martiniquaise est
partie prenante dans la création du premier Centre prévu a priori à l’hôpital
du Lamentin. Un jumelage Hôpital Henri Mondor - Centre du Lamentin est à l'étude,
pour aider à la formation des équipes sur le terrain, et favoriser les
recherches comparatives. Dora
Bachir
|
|
Carnet de
voyage
|
|
De notre envoyée spéciale : Christelle RODRIGUE
Changements et restructurations en Martinique, de quoi
alimenter l’espoir des drépanocytaires.
Mandatée
par SOS Globi, j’ai tenté d’apprécier le sort des drépanocytaires en
Martinique. Les docteurs Elana et Hatchuel de l’hôpital du Lamentin et de l'hôpital
Victor Fouché ont eu la gentillesse de m’accorder un entretien.
Mais,
il existe aussi une adresse incontournable, pour faire un tour d’horizon,
bien modestement, de la drépanocytose sur l’île aux fleurs. J’ai donc pris
contact avec l’ADDM et son président Max Lambert.
Réunion de sensibilisation du milieu scolaire
A
l’initiative du Lions Club, une réunion (couverture médiatique assurée par France-Antilles)
s’est tenue au rectorat de la Martinique à Tartenson, avec le concours de nos
amis de l’Association des Drépanocytaires de la Martinique et des spécialistes
de la drépanocytose. Cette réunion avait pour but de sensibiliser les enseignants
à porter une attention toute particulière aux drépanocytaires. En effet, en
Martinique, sur une population d’environ 600 000 âmes, 1 174 drépanocytaires
ont été recensés. Des chiffres bien inférieurs à la réalité, selon nos amis,
puisque de nombreux malades s’ignorent et parmi eux des enfants.
|
Les
médecins ont expliqué aux enseignants comment la maladie se transmet et
quelles sont les conséquences chez les sujets atteints. Ainsi, des messages
importants ont été clairement édifiés :
- en dehors des crises, l’enfant drépanocytaire peut
suivre une scolarité normale. - Néanmoins, son état de santé est fragile,
avec des manifestations imprévisibles, qui justifient une attention particulière,
car une complication peut évoluer rapidement.
D’autres
sujets ont été abordés, notamment la qualité de vie des drépanocytaires. Les
patients sont très attachés à la faire évoluer.
Elle
dépend des efforts de tous les médecins, de ville, de PMI, de santé scolaire
et du travail, pour assouplir la prise en charge et garantir l’insertion dans
la société.
Interview de madame ELANA, pédiatre à l’hôpital du Lamentin
“
Une caractéristique que l’on retrouve chez nos patients est qu’ils sont généralement
de revenus modestes. Cela rend les choses un peu plus difficiles. La prise en
charge actuelle des drépanocytaires n’est pas toujours très bien structurée,
de plus, les messages ne passent pas toujours facilement entre soignants et
soignés. Cependant, il existe un bon niveau de soins. L’association de malades
est importante dans le contexte et je les aide dans leur effort d’information.
Aujourd’hui, en Martinique,
|
Globinoscope -
Revue trimestrielle de SOS Globi -
Numéro 24 – Août 1999
|
|
toute
la société drépanocytaire est en mutation. Des restructurations ont déjà commencé."
Nous avons un projet de Centre intégré
"A l’instar de celui de la Guadeloupe, lui sera
attribué des missions d’éducation et d’information, mais aussi la responsabilité
du recueil des données. Malgré tout, j’ai souvent constaté que les enfants drépanocytaires
connaissent bien leur maladie : ils suivent nos recommandations de prudence,
ils ont une bonne notion de prévention des risques, ils respectent les médications.
Dans l’ensemble, leur niveau de scolarité est en progrès. ”
Interview de monsieur Hatchuel,
pédiatre en Néonatalogie à l’hôpital Victor
Fouche
“
Systématiquement, le dépistage de la drépanocytose de tous les nouveau-nés
est pratiqué à la naissance . La prise en charge des drépanocytaires qui en
découlent est automatique. Le manque de tests psychométriques ne permet pas
d’évaluer et de prédire l’avenir de ces enfants.
Cependant
on constate peu de retard mental et d’atteintes cérébrales. Ces dernières
années, il y a eu des progrès dans la prise en charge de la douleur drépanocytaire
par une bonne utilisation de la morphine et du protoxyde d’azote. ”
Modifier les habitudes
“ Des progrès sont à attendre
par le suivi régulier d’un pédiatre hospitalier, car beaucoup
|
de
drépanocytaires ne consultent qu’en cas de crise. La programmation de bilans
réguliers est nécessaire pour anticiper, si possible, les crises et les
accidents majeurs. Dans l’avenir, il faudra créer une structure de concertation
et d’échanges qui permettra aux médecins d’avoir des interlocuteurs compétents
et qui améliorera la prise en charge du drépanocytaire. Il faut faire encore
des efforts pour informer la population, mais aussi certains médecins qui
sont mal formés à cette pathologie. ”
Interview de monsieur MAX LAMBERT
Président de l’ADDM
“
En Martinique, 1 174 drépanocytaires ont été recensés, il en existerait
jusqu’à 2 500. Notre association organise des journées de sensibilisation
dans les communes et les écoles, grâce à la collaboration des personnels de
l’hôpital du Lamentin et du Lions Club. Ces réunions sont fréquentes et
assurées par une équipe solide.
Nous souhaiterions créer un groupe de réflexion pour dynamiser les sujets importants
tels que la recherche, partager et échanger les attitudes de prise en charge
de la drépanocytose. Peut-être devons-nous réfléchir sur l’organisation d’une
rencontre tripartite, Mondor,
Centre
Intégré de la Guadeloupe et Hôpital du Lamentin de la Martinique.
Enfin,
toutes les associations de lutte contre la drépanocytose mènent le même combat,
il serait nécessaire d’additionner et de coordonner nos actions pour rompre le
silence sur cette maladie ”
|
|

|
Poème
|
Ode à Solette
|
|
Ton corps douloureux
crispé au fond d’un lit
tourmenté malheureux
n’a pas un instant de repos
Sans cesse la douleur
s’apaise et se réveille
le mal te broie les os
te déchire le ventre
tu vomis tes entrailles
et tu trembles épuisée
et tu cries et tu pleures
et moi je tends mes bras
inutiles fardeaux
et ma bouche murmure
des mots que je veux tendres
Soudain c’est l’accalmie
le mal est moins tenace
nous restons là
côte à côte prostrées
nos doigts entremêlés
silencieuses à attendre
que les heures plombées
une à une s’égrènent
Nous parlons à voix basses
de crainte qu’il ne revienne
|
Nous nous envolons
dans de lointains voyages
là-bas où nous irons
quand tu seras guérie
tu mettras ta robe rose
tes souliers noirs vernis
et des bleus papillons
dans tes cheveux d’ébène
Nous chantons du bout des
les refrains que nous
connaissons
et au bout de ton lit
tes orteils raidis
battent les trois temps
d’une petite valse
Il nous vient sournoisement
des désirs voraces
de gâteaux et de glaces
et de nougats fondants
alors entre tes larmes
tu ris à l’été si fleuri
qui cogne à la fenêtre
avec dans ses bagages
les rêves d’une petite fille
qui espère en la vie
|
|
Je viens par cette lettre porter témoignage en ce qui concerne
le problème de l’énurésie chez les drépanocytaires.
Nous avons adopté notre fille Solette en 1994 elle
avait trois ans et demi. Quand elle est arrivée chez nous elle avait une couche
que l’assistante sociale lui avait mis. Comme nous nous en sommes étonnés,
elle nous a répondu que pour les voyages l’enfant était plus à l’aise ainsi.
(nous habitions en Haïti, où nous sommes restés trois ans)
En fait, un mois après nous avons appris que notre fille était
drépanocytaire SS et que l’énurésie fait partie des inconforts de la maladie.
Nous avons enlevé la couche de la journée, gardé celle de la nuit et nous
l’avons incité à faire pipi souvent dans la journée. Puis, chaque nuit, vers
minuit, nous nous sommes levés pour la faire uriner sans qu’elle se réveille.
Ceci jusqu’à 6/7 ans. Aujourd’hui, Solette va avoir 9 ans, c’est une petite
fille très épanouie, malgré les nombreuses crises et hospitalisations. J’ai
retiré l’alèse du lit. Il lui arrive de faire quelques gouttes dans son
sommeil, mais souvent elle se réveille et va aux toilettes. Nous avons tout
de suite dédramatiser le pipi au lit, ce n’était pas important, ni une
catastrophe, ce n’était pas le plus important dans la maladie, ce qui a
contribué à la rassurer. Quand il y a des petits incidents c’est toujours
pendant des périodes où elle n’est pas bien psychiquement, contrariété,
fatigue, manque de sommeil. Nous lui disons alors : "eh bien oui, ça
arrive, ce n’est pas grave". Je n’ai pas la possibilité d’assister aux
conférences que vous organisez, la Roche-sur-Yon c’est loin ! Maintenant,
après être restés trois ans en France nous allons repartir, en Guyane cette
fois-ci, où nous espérons trouver un climat qui conviendra mieux à Solette.
Y-a-t-il un service de drépanocytose en Guyane ? Nous serons
fixés à Saint-Laurent-du-Maroni. Je vous joins le poème que j’ai écrit lors
de la dernière hospitalisation de Solette au mois de Mai 99. Peut être
voudrez-vous le publier dans Globinoscope.
Je tiens à vous dire que bien qu’il n’y ait pas de service
drépanocytaire au CHD de la Roche-sur-Yon, nous y avons trouvé un pédiatre
dévoué et compétent qui s’est véritablement penché sur le problème de cette
maladie, il s’agit du docteur Blanchard qui a été un vrai relais pour nous. En
espérant que ce témoignage vous aidera. Sincères salutations Madame Verger
Merci de ce témoignage qui répond à nos vœux. Il est
exemplaire pour illustrer l'interactivité que nous souhaitons. Comme cette
maman, participez à l'enquête sur l'énurésie (globi-23).
Enurésie : vos témoignages
|
|
 |
|
 |
|
 |
|
 |
|
SOS GLOBI |
|
 1_Qui sommes nous ?
 1_Qui sommes nous ?
 4_Rapport financier
 4_Rapport financier
 4_Rapport moral
 4_Rapport moral
 5_Nos affiches
 5_Nos affiches
 6_Action SoMaDre
 6_Action SoMaDre
 Groupes de paroles
 Groupes de paroles
 Interview
 Interview
 Témoignages
 Témoignages

|
 |
|
 |
|